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Les
origines de
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Avertissement : Il ne s'agit pas du travail rigoureux d'un historien maitrisant son sujet mais d'une simple synthèse rédigée (par des amateurs) à partir de nombreuses lectures de travaux dont les conclusions sont presque toujours fragiles et divergeantes. L'objectif de cet article est d'effectuer le point de nos connaissances sur le sujet et, pourquoi pas, de faire progresser notre savoir par les remarques de nos lecteurs. Nous nous appuyons, évidemment, sur des auteurs dont les ouvrages nous ont été accéssibles.
Les
Orange-Mévouillon :
Les Orange-Mévouillon, baptisés ainsi par J.P. Poly [1], que d’autres nomment les Mirabel, ont stigmatisé l’attention des érudits du XIX et XXe siècle. Ils ont été, tour à tour, désignés comme les ancêtres des Reillanne (Manteyer [2] ), des Baux de Provence (Noblemaire [3] ), des vicomtes de Marseille (Berge [4]et sans doute de beaucoup d’autres. Aujourd’hui, et d’après J.P. Poly qui est suivi par une génération de jeunes chercheurs, ils sont considérés comme les ancêtres des seigneurs de Nice-Orange, de Mévouillon, de Mornas et de Montdragon.
Leurs biens, au X et au XIe siècle, sont essentiellement concentrés dans la Drôme et dans le Vaucluse. Une partie est tenue en alleu et l’autre en fief des églises de Vaison et d’Arles. Ils possèdent aussi de nombreux biens dans les Alpes Maritimes, sans doute en relation avec le mariage d’un des leurs, Laugier, avec Odile de Vence, mariage qui a eu le triste privilège de faire couler beaucoup d’encre.
De nombreuses erreurs à corriger :
Les prénoms des plus anciens individus de cette famille sont couramment employés en Provence à cette époque : Pons, Raimbert/Rippert, Laugier… Leur consonance locale présume d’une ascendance provençale qui n’a pas été mise à jour. Nous observons qu’une confusion entre divers personnages a provoqué de nombreuses fausses pistes qui circulent encore dans les livres et sur Internet.
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Pons le jeune : Quelques érudits (Manteyer, Noblemaire…) se sont acharnés à identifier Pons fils d’Ison à Pons le Jeune ancêtre de la famille des Baux mais le président Berge note, avec raison, qu’aucune charte ne rapproche Pons le jeune d’Ison. Voici ce que nous lisons dans l’histoire de la maison des Baux de Noblemaire : Yzon est mentionné comme père de Pons le jeune dans une charte datée du 14 mai 971 de donation d’une église aux moines de Montmajour par Boson II, comte d’Arles et de Provence et sa femme Folcoare. Donation par Boson et sa femme Folcoare d’une église
in valle Ulieria (Mont
[5]
p 46 : 971 … Ingitur ego, in Dei nomen, Boso et uxor mea Folcoara hanc
seriem sequentes…sancti que Petri apostoli in cenobio Montmajore res quasdam
nostri juris, que Dolus ex progenie parentum nostorum legibus obvenerunt que
sunt ipse res in comitatu Arelatense, in valle Uleria…. Sigum
Boso et uxor Folcoara…S Pontius juvenis firmavit, frater Lambertus firmavit, S
Thusbertus firmanit, S Ascherius firmavit, S Isnardus firmavit, S Almaricus
firmavit, S Poncius firmavit, S Jonan firmavit, S Ingilranus firmavit… Nous ne distinguons pas dans ce document les détails perçus par Gustave Noblemaire et nous ne pouvons pas en déduire que Pons le Jeune est fils d’Ison. En conclusion, nous savons seulement qu’un des fils d'Ison se nommait Pons. |
Pons Major :
Lambert de Reillanne et/ou Lambert Ursus : Peut-être que la charte de Montmajour citée précédemment admet qu'on ajoute Lambert (tour à tour assimilé à Lambert de Reillanne et/ou Lambert Ursus) comme frère à Pons mais le doute est légitime ! Par contre, aucun élément ne permet de conclure que Lambert et Pons étaient fils d’Ison. A notre connaissance, nul document ne permet de rattacher les Reillanne à Ison et à sa famille, même celui qui est cité ci-dessus. Là encore, leurs biens sont différents. Ceux des Reillanne ont pour centre Auriol (13) ainsi que Reillanne et Montjustin (04).
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Le comte
Leibufle : Le stemma précédent, épuré des erreurs qui se sont accumulés au fil des années et des hypothèses parfois hasardeuses qui sont devenues des certitudes par des miracles mal expliqués, se résume à celui ci-contre. L’accumulation des Pons est probablement un des vecteurs de ces méprises et de ces confusions. Par contre, rien n’empêche de penser que Pons le jeune et son présumé oncle Pons Major aient une ascendance commune avec Pons x Blismodis. |
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Pons de Mevouillon x Blismodis :
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D’après GCNN [6] t III n° 256, Manassès donne des terres dans la région de Mornas à Pons et à son épouse Blismodis (10 décembre 954). Cette première charte nous permet de situer le couple dans le temps et dans l’espace. En 954, Pons est déjà âgé et certainement décédé en 956 lorsque sa femme apparaît dans un autre document, simplement accompagnée par ses enfants. Il est donc probable qu’il soit né au début du
dixième siècle et, qu’en 954, l’archevêque d’Arles, le trop fameux
Manassès, dernier représentant de Nous ne connaissons pas les ancêtres de Pons mais il s’avère dès 954 comme un personnage important. Les prénoms de ses fils et petit-fils, Garnier et Raimbert, rappellent d’autres individus qui lui sont contemporains. Un abbé de Psalmody, Garnier, a pour père et mère Raimbert et Domitille et pour neveu un autre Raimbert x Odile (Poly p 67-68). |
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Ce Raimbert, assisté de son épouse et de sa fille Deiprovecta, vend une vigne à Jonquières en 952 ou 953, charte dans laquelle nous distinguons la signature de Pons Juvenis (Mont p 37). Smyrl [7] en avait fait la remarque en signalant que la famille des Baux possédait de grands domaines à Jonquières mais que Pons Juvenis n’a signé qu’en cinquième position, loin derrière les donateurs. Il est possible que Pons x Blismodis et Raimbert x Domitille appartiennent à une même et seule famille. Garnier, abbé de Psalmody, pourrait être l’oncle de Garnier, évêque d’Avignon. Pour l’instant, aucun document ne nous permet de confirmer ou d’infirmer ce rapprochement. Il est encore très intéressant de noter que, d’après M .P. Estienne [8], Pons donne des prés à Goudargues et assiste à l’expiation de Géraud de Sabran, le pseudo-archevêque de Narbonne, lorsque celui-ci fonde Saint-Saturnin (Pont Saint-Esprit) pour Cluny en 945. Marie Pierre Estienne suppute des liens familiaux entre les Sabran et les Mévouillon. |
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Les
enfants de Pons I et de Blismodis : - GCNN t III n° 256, citée précédemment, fixe la précaire des terres dans la région de Mornas cédées par Manassès à Pons et son épouse Blismodis où deux de leurs enfants sont cités : Garnier et Humbert. -
Donation d’une vigne au comté d’Avignon par Blismode (Mont p
43) : 965 Autoritas etenin ecclesiastica et lex consistid
Romana,… qua propter ego Blismoda femina et filii mei Poncius et Garnerius
auctoritatte secuti, donamus ad monasterium …. - GCNN t III n° 283 : Arles le 16 juin 983. Ison et Humbert, archevêque de Vaison, sont frères et leur père, qui s’appelle Pons, a reçu des propriétés de la part de Manassès. Deux enfants d’Ison sont cités (nepos de Humbert) : Pons et Rambert. - GCNN t III n° 285 : Précaire confirmée à Pons (fils de Blismodis) père de Laugier et Pons par Annon, archevêque d’Arles (9 juin 981). |
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On en déduit que Pons I et Blismode ont eu au moins quatre fils :
- Humbert fut évêque de Vaison jusqu’en 1005 si on en croit l’histoire de l’église de Vaison [9] (p 79), date à laquelle il fonde un collège de chanoines réguliers pour desservir la cathédrale de Vaison.
- Garnier, peut-être évêque d’Avignon puisque lui et sa mère se trouvaient en Avignon en 967. Garnier est aussi présent à l’acte de fondation de Saint Véran de Vaucluse par l’évêque de Cavaillon en 979. Il vivait encore le 4 août 992.
- Ison qui a eu deux fils, Pons et Raimbert, précaristes de l’église d’Arles à Mornas en 985.
- Pons II, précariste de l’église d’Arles à Nyons, a lui aussi au moins deux fils Laugier et Pons III.
D'après les thèses les plus récentes, Pons II est la souche des familles de Mévouillon par son fils Pons III et des Nice-Orange à travers son autre fils Laugier marié à Odile de Vence, fille d’Annon si on en croit Alain Venturini [10]. Quant à son frère Ison, il donne naissance aux familles de Mornas et de Montdragon.

Pons II (° Ca 930 ; + > 981) :
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Pons
II se voit confirmer Il
reçoit de l’archevêque d’Arles, Ithier, la villa Niomes
et des biens à Busayrol, situés dans le comté de Vaison. En 981,
cette précaire lui est confirmé par Annon, successeur d’Ithier,
ainsi qu’à ses deux fils Pons III et Laugier (GCNN t III Arles n° 285). Remarque : D’après Poly, c’est Pons III, petit-fils de Pons I qui obtient confirmation, en 981, de la précaire de Nyons qui appartenait à St Césaire d’Arles (CGNN t III Arles n° 285) : Pons, petit fils de Pons… L’épouse
de Pons II : L’auteur
précité s’appuie sur un réseau de présomptions qu'elle développe :
il semble que les fils de Pons I, Ison et Imbert, évêque
de Vaison, quittent la région de l’Uzège, aux mains des Sabran, pour
se rapprocher de la rive gauche du Rhône. Dans ce contexte de
glissement des possessions de cette famille de la rive droite à la rive
gauche du Rhône, et des liens qu’elle cultivait avec les dépendances
de l’abbaye de Cluny, un rapprochement entre Pons II et Pons (x
Richilde) bienfaiteur de Cluny en 956-957 pourraient être envisagé. En
effet, ce dernier avec sa femme Richilde, originaire de l’Uzège,
tenait de l’archevêque d’Arles, l’abbaye de Sainte Marie de
Goudargues (GCN t III Arles n° 214). Notons
que -
Pons I se
départit de biens à Goudargues ; -
Pons I assiste à
la fondation de Saint-Saturnin par Gérard, pseudo-archevêque de
Narbonne ; - Un des fils de Pons II se nomme Géraud ; La famille de Richilde n'est pas connue avec précision mais elle peut néanmoins être reliée à une parentèle qui a participé au rayonnement et à l'expension de Cluny dans cette région. |
Quels
sont les faits que nous connaissons avec certitude ?
-
En 945, Gérard, pseudo-évêque
de Narbonne, donne ce qui deviendra le prieuré de Saint-Saturnin du Port (CLU n°
724).
-
En 946, un autre Gérard
et sa femme Sufficia teste en faveur de Cluny (CLU n° 693). Les biens qu’ils
possèdent se trouvent dans le comté d’Uzès.
-
En 956/957, Pons et
Richilde donnent à Cluny et à Mayeul tout ce qu’ils possèdent dans la vallée
de Condorcet, dans le comté de Die.
-
Richilde réapparait en
967 avec son époux, Teutbert, parent de l’évêque d’Apt Arnulf,
tenant des biens appartenant à Saintes Marie de Goudargues (GCN Arles n° 268).
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Cette théorie, aussi séduisante soit-elle, rencontre quelques obstacles non encore résolus. En effet, E Magnani [12] n’évoque pas ce rapprochement qu’elle n’aurait sans doute pas manqué de signaler mais, surtout, l’hypothèse se heurte à des difficultés chronologiques et généalogiques. - Le prénom Richilde est absent de la famille de Mévouillon. Il est vrai que nous connaissons peu de femmes issues de cette branche. -
Si le 9 juin 981, Anon, archevêque d’Arles confirme à
Pons II et à ses deux fils la précaire de Niomes (GCNN
t III Arles n° 285), Richilde ne peut être déjà remariée à Teutbert (à
moins qu'il y ait confusion entre diverses Richilde). Il
y a là contradiction chronologique si c’est bien à Pons II
qu’Anon confirme la précaire. - Enfin, un document du XIe siècle, cité par E Magnani réfute cette hypothèse. En effet, les deux castella de Condorcet concédés à Pons, miles, sont restitués par ses fils Pierre Guillaume et Rostang vers 1050. Or, aucun fils de Pons II ne porte ces prénoms. Cette dernière charte est toutefois embarrassante car il est difficile d’admettre que les enfants du Pons de 956/957 soient encore en vie en 1050 (CLU n° 3331). |
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Notons, pour terminer ce paragraphe, que Cordorcet faisait partie des biens des Montauban avant 1284. Il peut s’agir d’un bien acheté, échangé ou hérité par union. Si l’idée du rapprochement entre Pons II et Pons (x Richilde) est historiquement envisageable, les liens familiaux sont sans doute plus compliqués que ceux présentés ci-dessus.
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Les
enfants de Pons II :
La charte de Cluny, n° 2779, du
22 mai 1023, donnée en concile à Saint-Privat, territoire de Sarrians, a révélé
huit frères dont les domaines s’étendaient sur les diocèses de Gap, Die,
Vaison, Orange et Saint Paul Trois Châteaux. Par cet acte, deux des frères,
Laugier et Pons, ayant déterminé de se faire moine à Cluny, donnent à cette
abbaye la moitié du castrum d’Auton dont l’autre avait été précédemment
offerte à Saint-Pierre de Cluny par leur père. Cette libéralité s’effectue
sur le conseil et le consentement de leurs frères auxquels ils délaissent le
reste de leur héritage. Ces six frères sont : Féraud (évêque de Gap),
Pierre de Mirabel (évêque de Vaison), Arnoul, Gérard, Raoul et Raimbaud.
(Ripert-Montclar [13] p XXIV)
Il est tout à fait vraisemblable, selon Poly, relayé par d’autres chercheurs modernes, que les huit frères de la charte soient les fils de Pons II, précariste de l’église d’Arles à Nyons, non nommé dans la charte. Cet acte a donné lieu a plusieurs interprétations toutes différentes les unes des autres.
L’entrée de Pons et de Laugier en religion à Cluny n’est évidemment que spirituelle. E Magnani adhère à cette thèse mais en y ajoutant un bémol : Laugier et Pons sont mariés et père de plusieurs enfants. Elle s’étonne qu’aucune mention de leur femme et de leurs enfants ne soit faite dans la charte en question.
| Ce même Laugier, qu’on assimile dorénavent au mari d’Odile de Vence, fonde l’église de Sarrians (CLU n° 2866) entre 1031 et 1048. | ![]() |
Pons III (°960 ;+>1023) :
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Pons III est identifié par les chercheurs modernes comme un des deux frères qui se donnent à Cluny en 1023. On peut considérer qu’il est né vers 950/960 et décédé après 1023. En 1011, Pons et ses deux fils, Isnard et Laugier, héritent de la précaire de Nyons et c’est sans doute d’eux que descendent les sires de Mévouillon dont les possessions correspondent au plus ancien alleu familial (CGNN t III Arles n° 307). Nous pouvons donc résumer la thèse adoptée pour les ascendants de la famille de Mévouillon par le stemma qui suit.
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La branche ainée
Le patronyme Mévouillon apparaît
dès 1057, porté par Laugier frère suposé par divers recoupements de Ripert I dans
une charte de Geoffroy, marquis de Provence : Leodegarius
de Medillone Firmavit (CSV [14]
n° 184).
Rappelons que Mévouillon est au centre d’un
territoire appelé « les Baronnies », coincé entre la vallée du Rhône
et la montagne de Lure près de Sisteron et plus précisément dans la vallée
de
Percipia
et son mari :
Percipia, mère de l’évêque simoniaque Ripert I de Mévouillon possédait de grands domaines dans les baronnies et son nom s’est perpétué dans la région par le toponyme « Le Poet en Percip ». De l’avis unanime des historiens, elle appartient à la famille étudiée.
Aucun document ne nous présente le mari de Percipia et, forcément, beaucoup d’hypothèses ont été avancées pour combler cette lacune. Son fils Ripert semble détenir des biens provenant vraissembleblement de deux familles différentes : les Orange-Mévouillon et les Mison-Dromon (domaines situés autour de Sisteron et sur le Buech , ce qui suggère que Percipia appartenait à l’une ou à l’autre des deux familles, à moins qu'un noeud familial se soit noué plus tôt mais M.P. Estienne remarque que l'onnomastique des fratries des deux Ripert est commune aux deux familles.
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La thèse de Ripert-Montclar : Le marquis de Ripert-Montclar, qui a tenté d’établir l’ascendance de Ripert I, dégage quelques perspectives. Voici un rapide résumé de ses analyses. Il constate que Ripert possède à la fois des biens sur la rive gauche de la Durance (entre 1060 et 1069, il donne l’église Saint-Antoine des Mées à Saint-Victor (CSV n° 711 et 730), chartes dans lesquelles sa mère Percipia est citée) et dans les baronnies. Par exemple, en 1082, Ripert offre à Cluny un domaine « in Monte Albionis » (CLU n° 3590). Il souligne encore que la descendance de Ripert est en possession du « pagus Rosensamensis » qui appartenait naguère aux ancêtres des Dromon-Mison. En effet, en 988, un certain Richaud, frère de Datil, dote Saint André de Rosans de six manses à vigne dans le castrum de Malaucène (CLU n° 687) et la moitié du castrum de Mison. E Magnani considère aussi que les deux frères Richaud et Datil sont les ancêtres des Mison-Dromon sans pour cela proposer de liens clairs et précis. Pour Ripert-Montclar, Percipia est une héritière des huit donneurs de la charte de Cluny n° 2779 (en |
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l’occurrence, il suppose qu’elle est fille de Raimbaud) et son mari (Geoffroy ou Isnard) fils d’Isnard de Volonne x Dalmacie. Les biens de ces deux derniers personnages sont situés dans les environs des Mées, près d’Oraison.
L’apport de J.P. Poly : Remarque : Isnard de Volonne peut certainement descendre des Dromon mais sa femme, Dalmacie, pourrait elle aussi en être issue, ce qui donnerait une autre possibilité d’ascendance pour son époux qui appartiendrait alors à une ancienne famille de Moustiers que T Pécout [15] dénomme les Tassil. En effet, outre Pierre, Geoffroy et Isnard, un second groupe d’enfants (Tassil, Boson et Guillaume) sont fils de Dalmacie (CSV n° 703, 704, 705 et 709), le père n’étant pas précisé. L’ascendance de la famille de Volonne n’a pas encore été clairement établie. Les bouleversements proposés par M.P. Estienne : M. P. Estienne, quant à elle, envisage une autre ascendance pour Percipia en se basant sur la charte de St Victor de Marseille (CSV n° 1083) reproduite ci-contre. Entre 1064 et 1079, une certaine Gisla, accompagnée de son frère Raymond et de son neveu Hugues, effectue à Mévouillon une importante donation. |
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Marie Pierre Estienne propose de l’identifier à Gisla fille de Raimbaud de Nice (et d’Acceleine). L’auteur du mémoire ajoute qu’Hugues, neveu de Gisla, pourrait alors être le frère de Ripert I et rappelle que Rostaing d’Agoult, époux de Gisla a concédé un manse du Castellum de Barret de Liourre situé au Comitatus Guapincensi appartenant à son beau-père Raimbaud. L’auteur sous entend donc que Gisla et Percipia pourrait-être sœurs. Nous pouvons nous appuyer sur quelques certitudes : -
Gisla et son frère
Raymond possèdent des biens à Mévouillon. Ils sont donc proches parents de
Ripert ; -
Les parents de Gisla de
Nice sont Raimbaud (fils de Laugier et d’Odile) et Acceleine mais aucun des
fils connus de Raimbaud de Nice ne se prénomme Raymond ; -
Les
Nice et les Mévouillon ont une ascendance commune. Nos
incertitudes portent sur : -
La chronologie car la charte qui nous intéresse n’est pas datée avec
précision. On estime qu’elle a été rédigée entre 1064 et 1079 et que
Gisla est en âge de posséder un enfant jeune. En effet, son fils Bérenger
pourrait être envoyé au couvent pour devenir religieux. Elle peut avoir 40 ans
en 1064 ou 25 ans en 1079 et est susceptible d’appartenir à plusieurs générations. Notons encore que dans cette charte apparaît un personnage gênant et rarement
pris en compte par les généalogistes.
En effet, le don de Gisla est cautionné par son frère Raymond. Or aucun
personnage portant ce prénom n’apparaît dans les fratries des deux Ripert
mais, d’autre part, nous savons que cet anthroponyme est devenu par la suite l’apanage
des Mévouillon ; |
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-
L’identité des parents
de Gisla et du père de Ripert ; -
L’ascendance de
Percipia. Si
supposer Percipia fille de Raimbaud de Nice est une perspective osée qui
demande confirmation, rien ne s’oppose à utiliser une partie de l’idée de
M.P. Estienne. Une seconde Gisla pourrait bien être sœur ou belle-sœur de
Percipia. M.P.
Estienne, décidemment fascinée par cette femme vieille de plus de 800 ans et
tirant partie d’un rapprochement inspiré par Manteyer, s’interroge sur la
possible identification de Percipia mère de Ripert avec une autre Percipia
femme d’un Raymond qui donne une brassière à Callas (Var) en 1052. Le prénom
de Percipia est rare, les dates correspondent mais les lieux sont différents.
Toutefois, le prénom de Raimond évoque la longue lignée des barons de Mévouillon.
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Bien
qu’intéressante, cette conjecture n’a pas (encore) retenue l’attention des
historiens. Elle n’est pas forcément en contradiction avec les données
actuelles puisque le mari de Percipia n’est pas connu avec certitude.
En
conclusion, si nous connaissons avec certitude plusieurs enfants de Percipia, il
est ardu de mettre un nom sur son mari et de déterminer son ascendance.
Avec la prise en compte des hypothèses de M.P. Estienne, nous pourrions obtenir
le tableau suivant :

Les données sont trop sporadiques pour conclure et les supputations
possibles et imaginables trop nombreuses pour ne pas risquer le dérapage généalogique.
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Les fils de Percipia sont connus grâce à la charte n ° 730 du cartulaire de Saint-Victor. - Laugier mariée à Dalmacie dès 1060 d’après la charte 730 du cartulaire de Saint-Victor ; - Ripert I, évêque de Gap, marié à Béatrix qui suivra ; - Hugues ; - Raimbaud. |
La tradition impose Ripert I puis son fils Ripert II comme ancêtres de la lignée des Raymond de Mévouillon. Certes, Les Ripert possédaient des biens dans cette région mais aucune preuve directe ne permet de les donner comme les ancêtres des Mévouillon. Percipia a eu plusieurs fils qui, potentiellement, ont pu donner naissance à cette dynastie.
Laugier
x Dalmacie :
Si, grâce à la charte n° 730 du
cartulaire de Saint-Victor, nous connaissons le nom de sa femme, nous ne savons rien sur sa provenance et
sur les enfants nés du couple. |
Laugier (Leodegarius), dit de
Medillone en 1057 (CSV n° 184), de Mediculo en 1054 (CSV n° 786) et de
Meditollio vers 1065 (CSV n° 663) apparaît comme un très grand seigneur auprès
des comtes de Provence. Il est sans-doute le premier à porter ce patronyme et
il est donc logique qu’il soit à la souche de cette lignée chevaleresque.
Toutefois, les chartes, seules sources d’information à notre disposition à
cette époque, sont avares en renseignements généalogiques et la possibilité
de confondre une parentèle portant des prénoms identiques est très
importante.
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Alexandre II, qui
vient de monter sur le trône pontifical, écrit à Raimbaud (de Reillanne) pour
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Vers 1064, Ripert I fonde le monastère de Trescléoux en faveur des moines de Saint-Victor de Marseille (CSV n° 731 et 732). À peu près à la même époque, Ripert confiait l’église Saint-Antonin des Mées à l’abbaye de St Victor (CSV n° 711). Il apparaît pour la dernière fois en 1082 dans CLU n° 3590 avec sa femme Béatrix et ses enfants (Voir ci-dessus). |
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L’aîné des fils de Ripert I et de Béatrix, Ripert II, apparaît pour la première fois comme exerçant les droits de chef de famille le 5 mars 1087 (CLU n° 3620). Ripert et ses frères signent une donation à Cluny d’un quart de Château-Giraud et de son territoire et ses églises au diocèse de Gap effectué par un certain Féraud. Ripert-Montclar suggère que le scribe à omis Riperus Methulensis firmavit et l’a ajouté après ses frères. |
| Ripert II apparaît dans une seconde charte où son épouse Matfrède est citée. Ce document permet de supposer que si Ollon et Tirtemple sont pour ses fils des biens paternels (à l’extrême limite des Baronnies), ils se trouvent en pariage à Puyméras, en dehors des Baronnies, du chef de leur mère, avec le fils d’un seigneur nommé Ansis, qui pourrait bien être leur oncle maternel. | ![]() |
Raimbaud x Olivia : Raimbaud
pourrait être le père de Raimbaud
Cotta et c’est peut-être lui qui signe
Hugues : Il pourrait être qualifié de chevalier en 1113 dans charte n° 71 du cartulaire de Saint André le Bas de Vienne.
Pierre et Isnard : Nous n'avons aucune donnée sur les deux derniers fils de Percipia.
.
Elargissement de
Plusieurs donations, principalement à Cluny et à Saint Victor de Marseille, élargissent la famille de Mévouillon sans pour cela éclaircir les liens entre les différents personnages. Une étude rigoureuse prenant en compte la situation des domaines offerts ainsi que l’onomastique des donateurs permettraient sans doute d’éliminer quelques confusions
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- Un certain Ripert Giraldi et sa femme donnent, en 1094, une condamine au château de Trescléoux en présence de leurs enfants Giraud, Guillaume, Pons et Ségura et Ponce Raymbaldi (CSV n° 302). L’indice onomastique et la localité de Trescléoux nous ramène au Mévouillon. Il ne semble pourtant pas que ce Ripert soit le fils de Ripert, évêque de Gap. Le prénom de sa femme et de ses enfants ne correspondent pas. - En 1049, une certaine Adaltrude, mère de l’évêque de Saint Paul trois Châteaux Uldaric II et ses frères Pons, Ripert et Hugues apparaissent dans une donation. Les prénoms sont ceux en usage dans la famille de Mévouillon. D’après Poly, les parents d’Uldaric I, aussi évêque de Saint Paul trois Châteaux, se nomment Hugues et Blimodis. Il est difficile de ne pas faire un rapprochement avec le lignage étudié (RD n° 1842). |

[1] La Provence et la société féodale (879-1166) J.P.Poly
[2] La Provence du I au XIIe siècle (Manteyer)
[3] Histoire de la maison des Baux (G Noblemaire)
[4] Origine rectifiées de maisons féodales (J Berge)
[5] Histoire de Montmajour désormais Mont (Chantelou)
[6] Gallia Christiana Novissima désormais GCNN (Albanès)
[7] La famille des Baux Cahiers du Centre d'Etudes des Sociétés Méditerranéennes(Smyrl)
[8] Châteaux, villages, terroirs en Baronnies Xe - XVe siècle M.P. Estienne
[9] Histoire de l'église cathédrale de Vaison(Boyer de Sainte-Marthe)
[10] La naissance et affirmation du consulat de Nice (Alain Venturini)
[11] Cartulaire de Cluny désormais CLU
[12] Monastère et aristocratie en Provence milieu Xe - début XIIe siècle (E Magnani)
[13] Cartulaire de Richerenches (Ripert-Montclar)
[14] Cartulaire de Saint Victor désormais CSV
[15] Une société rurale du XII au XIVème siècle en Haute Provence 1998 Thierry Pécout
[16]
La France Pontificale
[17] Regeste Dauphinois désormais RD (U Chevalier)
[18] Histoire de Ribiers (J. Roman)